Les princes du Nil




Des chasseurs nomades


Au début du 3éme millénaire avant notre ère semble apparaître une civilisation particulièrement avancée et
 qui pourtant ne va que très peu évoluer au fil des siècles. Cette civilisation possède déjà une formidable 
structure, son peuple est homogène et elle dispose d'un état, d'une langue et d'une écriture maîtrisée,
 de lois, de coutumes et d'une religion  à une époque où la plupart des autres civilisations n'en sont encore
 qu'à un stade tribale et ce pour de très nombreuses années.

Mais la naissance de cette civilisation n'est pas aussi soudaine qu'elle ne paraît et la création 
de la 1ére dynastie égyptienne et le résultat d'un long processus d'enrichissement d'une peuplade
 à une époque encore préhistorique.

 Aujourd'hui les recherches nous permettent de retracer fidèlement cette évolution 
qui s'adaptera à l'évolution du climat et des terrains.  


Modifications climatiques

Il y plus de 7500 ans, le Sahara était encore une zone particulièrement fertile mais des modifications 
climatiques très importantes vont modifier l'entourage naturel rendant la zone désertique et forçant ainsi 
la migration des peuplades qui vivaient alors dans cette région. Seule région hospitalière, les rives du Nil ,
 cette oasis de plus de 2000 kilomètres de long représentant plus de 30 000 Km2 de terres cultivables. 
Plusieurs groupes vont ainsi se regrouper peu à peu prés du Nil, autour des quelques lacs qui
 vont subsister, et aux abords de la mer rouge.

 Ces groupes de nomades vont ainsi rejoindre  les pêcheurs qui vivaient déjà le long du Nil et vont passer
 progressivement d'un état de  chasseurs nomades à celui de cultivateurs sédentaires.

Le peuple égyptien naîtra en partie de ce métissage entre les chasseurs du Sahel et les pêcheurs du Nil.

 Très vite la nécessité d'un travail en commun pour bénéficier des ressources du Nil obligera cette 
population à se grouper en villages qui seront entourés de palissades et situés en hauteur
 à l'abri des crues du Nil. C'est ainsi que progressivement les chefs de hordes choisis pour
leurs qualités physiques vont faire place à des chefs de village nommés pour leurs qualités 
de gestionnaire.  (Les premières grandes familles qui produiront les princes apparaissent).



Les égyptiens appelaient le désert "Deshret" la terre rouge en opposition avec les terres
 fertiles du Nil, "Kemet" le Pays noir pour la couleur qu'avaient les terres après la crue du fleuve
 qui déposait le Limon rendant le sol riche et fertile.


La découverte d'outils et d'instruments de travail tels que des lames de silex qui ont appartenus
 à ces premiers égyptiens permet de retracer assez précisément leur évolution, passant d'un état 
de chasseurs nomades à celui d'agriculteurs sédentaires qui cultivent cette longue bande fertile 
que représente le Nil. 

Les nombreuses fouilles entreprise le long du Nil et des places d'eau de la région, ont permis 
de retrouver quelques traces des groupes et colonies datant de cette époque (Badari-Nagada I II et III)
 ainsi que de nombreux objets et emplacements funéraires nous donnant des indications précises
 sur leurs moeurs et coutumes funéraires.  



La durés de vie à l'époque est très faible (Probablement 30/35 ans maxi) avec un taux de mortalités 
infantile très important (Principalement sur les enfants en bas age).


La croyance en une vie après la mort voulait que le corps soit enterré avec ses biens matériels 
et ceux-ci étaient déposés dans la tombe pour servir au défunt dans sa nouvelle vie. 
Nombreux sont les objets qui  nous sont parvenus:  des poteries, des outils, des armes 
ou parfois des palettes à fard en pierre qui servaient à broyer les couleurs pour le fard à paupières 
(Les égyptiens se protégeaient les yeux des reflets du soleil avec du fard à paupières).

Au niveau artistique, cette période est marquée par la fabrication de petites statuettes 
assez primitives sculptées suivant les cas dans l'argile, les os ou parfois l'ivoire.

Chacal en ardoise, Muséum of anthrpology berkeley.

Les poteries étaient généralement colorées (Rouge et noir) et décorées de scènes de la vie quotidienne ou de
 motifs animaliers. (La forme et la couleur de ces poteries permettra la datation des cultures et
 peuplades suivant une échelle de datation qui reste une base précise aujourd'hui).



L'égypte était divisée en deux parties, "La haute égypte" et "la basse égypte", appellations encore
 une fois données en référence à l'écoulement du fleuve. La haute égypte correspondant 
à la proximité de la source du Nil (donc en hauteur), et la basse égypte située au bas du fleuve.


Dès leur implantation aux bords du Nil, les égyptiens vont apprendre à tirer partis des formidables 
ressources du fleuve.
Des exploitations agricoles vont se développer  le long du fleuve ou l'on pourra trouver du blé et
 de l'orge qui vont être stockés dans des greniers.

Les groupes ainsi créés ont rapidement compris qu'ils devaient apprendre à connaître et à gérer
 les caprices du Nil et ont mis en place un système d'étude et de mesure de la crue "le Nilomètre"  
généralement une colonne de pierre ou parfois un simple escalier qui permettait de prévoir
les hauteurs des crues.

 Ces nilomètres étaient installés en Haute égypte qui subissait la première les effets de la crue.
Ils vont permettre d'évaluer la crue pour le reste du pays.

La véritables raisons de la crue du Nil était un mystère pour les égyptiens, elle ne 
pouvait donc être issue que d'une origine céleste. 

C'est bien plus tard que le mécanisme de celle-ci a réellement été expliqué.

 Le Nil prend sa source dans la région des grands lacs au coeur de l'Afrique et sur les
 montagnes d'Ethiopie, et c'est au moment des fontes de neiges, que le courant
 dévale vers la mer en provoquant cette crue si impressionnante et bienfaisante. 

Les cités de Haute Egypte recevant les premières cette formidable arrivée d'eau
en mesuraient  l'ampleur grâce à leur nilométres.  



La basse Egypte profitait plus tardivement des effets bienfaisants de cette crue car les champs 
étaient inondés bien plus tard.

Le Nil et ses crues jouaient également un rôle politique très important car Pharaon était seul 
responsable aux yeux de son peuple d'une crue insuffisante qui conduisait souvent
 à une diminution de son prestige et parfois si elle se renouvelait, à la révolte.
 Des périodes sombres de l'égypte ont commencé ainsi par la colère d'Osiris ou de 
hapy le dieu de la crue. Mais pour que le Nil soit source de prospérité, il devait être maîtrisé 
en amont et en aval, donc l'égypte ne pouvait être forte que si elle était unie et dirigée
 par un seul souverain. Chaque éclatement de l'unité du pays était suivi de misère, 
régression et invasion étrangère et ces périodes sombres dites intermédiaires ne manqueront
 pas dans l'histoire égyptienne. 


Happy le dieu de la cru.

Hapy est le Dieu de la crue du Nil, Selon la mythologie égyptienne, Hapy habite dans 
une caverne située au niveau de la première cataracte à Assouan.

Chaque année au mois de juillet, (Au moment du lever Héliaque de l'étoile Sirius (Sôpdit) 
entre le 1er et le 10 Thot soit la deuxième quinzaine de notre mois de juillet), Hapy sort
 de sa grotte et les eaux du fleuve gonflent. 

Hapy est le dieu qui apporte l'abondance et la fécondité, il est représenté par un homme 
aux seins lourds et pendants et au ventre rebondi. Il n'est revêtu que d'une ceinture
 à la taille et est coiffé d'une perruque en trois parties elle même surmontée d'une botte
 de papyrus. La peau de Hapy est bleue (l'eau) . La venue d'Hapy est une période de fête (Opê)
 pour les égyptiens, son absence est synonyme de malheur.

Les égyptiens tentent de réveiller Hapy par divers rituels et cérémonies pendant lesquelles 
le peuple jette de la nourriture et des objets dans le Nil.  


Happy dieu de la crue


Les Saisons en Egypte


La vie des égyptiens était très cyclique et se basait sur un système à trois saisons 
qui dépendaient elles aussi de la vie du Nil.

Ces trois saisons ont une durée de 4 périodes de 30 jours soit 12 décades puis en fin 
d'année les 5 èpagoménes soit (3 x (4 x 30))+5 = 365 jours. 

Akhet : Période pendant laquelle se produisait la crue du Nil.

Chaque année le Nil débordait et inondait les rives, pendant cette saison, les cultures
 étaient impossible, et souvent, les paysans étaient volontaires ou recrutés pour la corvée
 sur les chantiers des grands monuments. 
(Périodes :Thot, Paophi, Athyr, Khoïak)


Pert :  Lors du retrait des eaux de la crue, les champs étaient recouvert du limon qui fertilisait 
les terres, C'est la  saison de la semaille et les paysans regagnent les champs sans attendre. 
Ils sont aidés dans cette tache par les porcs à qui l'on fait piétiner les graines 
afin de les enfoncer dans le sol humide.  
(Périodes : Tybi, Meshir, Phamenoth, Pharmouthi)


Shemou : C'est la période des moissons, les récoltes sont stockées dans des greniers, 
Une partie est utilisée pour nourrir la population, une partie est réservée aux échanges commerciaux 
(L'argent n'existe pas sur les deux-terres) et une partie est stockée en prévision d'une période de famine. 
(Périodes : Pakhons, Payni, Epiphi, Mesorê) 


Les Périodes Dynastiques


La civilisation égyptienne s'étale sur plus de 5000 ans, elle est décomposée en périodes
 elles même subdivisées en dynasties.

La datation est donnée par les historiens qui ont pu retracer l'histoire de l'égypte et dater le règne 
des différents pharaons ainsi que leur durée  grâce aux papyrus retrouvés.

Certaines dates restent encore imprécises, et certains pharaons encore inconnus de nos jours. 
Les historiens sont parfois aidés par les découvertes de liste des rois comme les tables d'Abydos
 écrites sous Séthi et listant les soixante-seize pharaons le précédent ou des Aegyptiaca 
ècritent au IIIéme siècle avant notre ère par Manéthon prêtre sous Ptolémée Ier relatant 
les trente premières dynasties.

Pour mémoire, un pharaon tel que Touthânkammon ne doit sa gloire qu' à la découverte 
et la richesse de sa tombe et non à son règne qui n'a duré que de 9 à 10 ans.


Période pré dynastique de -6000 à -3100.
Période Archaïque de -3100 à -2649 (1ére et 2éme dynasties)
L'ancien empire de -2755 à -2255 (3éme à 6éme dynastie)
Première période intermédiaire -2255 à -2160  (7éme à 10éme dynastie)
Moyen empire de -2160 à -1784 (11éme et  14éme dynasties)
Seconde période intermédiaire -1784 à -1570  (14éme à 17éme dynastie)
Nouvel empire -1570 à -1070 (18éme à 20éme dynastie)

Après le Nouvel empire (Pas de détail sur cette période)

Légende

Certaines études très sérieuse recherche énergiquement l'origine exacte du peuple égyptien.
 Des similitudes prononcées de cette civilisation avec d'autres bien spécifique comme les
 mayas par exemple (Culte des morts, Momification, Forme des pyramides, Panthéon,
 Ecriture dont certains caractères sont identiques etc..), donnent à penser que
 ces civilisations proviennent d'une origine et d'une culture unique. 

 Bien-entendu beaucoup se mettent à penser aux atlantes peuples sans terre
 qui a certainement recherché de nouvelles contrées par des voies différentes. 

A ce jour ces théories restent au stade des hypothèses, toutefois les similitudes nous
 sembles suffisamment nombreuses pour en faire mention à titre d'information.

Le débat reste ouvert.


La relative fermeture du pays lui a permis pendant des millénaires de ne pas subir d'influences
 extérieures et de donner naissance à un style artistique qui ne va que légèrement évoluer dans
 le temps. L'art quelque soit sa forme est voué au pharaon qui est un véritable dieu vivant sur terre.


Les cycles de la vie sont considérés en Egypte comme des dons accordés aux peuples par les dieux
 et c'est pour cela que la pensée et l'ensemble des éléments formant la culture égyptienne se lient 
dans un profond respect de l'ordre et de la discipline et s'opposent continuellement au désordre et au chaos
 pour former l'équilibre. C'est cet équilibre qui est recherché par l'Egypte et par son représentant et 
protecteur Pharaon. 
L'expression des arts en Egypte ne se doit pas de représenter ou de recréer une apparence réelle mais 
de saisir un sujet pour l'éternité.


Le soleil ne revient pas nécessairement chaque jour, et pour éviter le chaos, les humains se doivent
 de collaborer avec les dieux par les rites, et c'est pourquoi chaque soir, Apophis tente d'avaler le soleil
 pour l'empêcher de reparaître le matin et ainsi le chaos sert l'ordre et forme cet "équilibre".

 

 

 


 

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